Dans la tête du Caméléon

Journal de création d'une photographe amateure, doublée d'une bijoutière artisane. De temps à autre, elle y parle de ses réussites, des obstacles rencontrés et partage ses réflexions.

23 janvier 2008

Encore Martineau!

Martineau nous étonnera toujours par la manière avec laquelle il arrive à défendre deux points de vue opposés, avec justesse, et sans jamais se contredire.  Dans sa chronique Maudits vieux!, il nous en met plein la figure, avec son franc-parler habituel.  Un article pour ceux qui ne sont pas trop frileux!

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21 janvier 2008

Cré Martineau!

Cré Martineau, t'est mon héraut!   Un héraut qui clame haut et fort ce que plusieurs pensent tout bas...

Sa chronique du jour dans le Journal de Montréal intitulée Maudits jeunes sur le Choc des générations est à lire absolument.  Introspection collective au menu...

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11 octobre 2007

Paysage inspirant? Pas vraiment...

La plupart des gens se sentent nostalgiques, romantiques, voire même inspirés lorsqu'ils contemplent un paysage d'automne.  Les couleurs sont magnifiques avec les feuillages dorés, rouges et orangés qui se découpent sur un fond lumineux de ciel bleu, l'air devient moins lourd et semble un peu plus cristallin, les odeurs nous rappellent notre enfance lorsque nous sautions à pieds joints dans les immenses piles de feuilles mortes que nos parents avaient patiemment ramassées...  STOP!  Biiip!  C'est ici que ça se gâte!

Les feuilles mortes!  J'ai un gros problème avec les feuilles mortes!  Le dernier trimestre du projet Une année de création 2007 (A Year of Jewelry 2007) vient tout juste de s'amorcer sous le thème Feuilles mortes ou  Feuillage d'automne, et je devrais pouvoir contempler les arbres qui m'entourent afin de m'en inspirer pour créer un joli bijou qui, soit dit en passant, aurait dû être terminé et présenté il y a de cela trois jours! Or, le paysage qui s'offre à moi me porte à croire que toutes les feuilles mortes de notre voisinage se sont entendues pour venir choir sur notre terrain. C'est la même chose à chaque année et cela devient franchement exaspérant!  Par un mystérieux hasard, notre arbre perd ses feuilles en premier (aucune idée pourquoi il est si pressé) et nous devons évidemment les ramasser.  Puis l'arbre de notre voisin perd ses feuilles, qui sont ensuite soufflées par le vent et qui viennent arrêter leur course chez nous. Comme nous sommes situés au creux d'une courbe, tous ces visiteurs portés par la brise finissent pas s'installer sans pouvoir en repartir.

Ce qui est le plus agaçant, c'est que tous les arbres ne perdent pas leurs feuilles en même temps.  Bien sûr que non!  Il faut en plus que cet épisode se prolonge jusqu'à la fin d'octobre quand tous les arbres du voisinage sont complètement nus et là, quand nous en avons ras le bol de ramasser des feuilles sur la pelouse devant notre maison, c'est l'érable rouge dans la cour arrière qui nous nous fait son petit manège, comme un enfant mal élevé qui laisse traîner ses vêtements partout où il se déshabille!  Y en a marre! 

J'ai pris deux photos ce matin, juste pour vous montrer... et ça ne fait que commencer car les feuillages ne montrent à peine qu'un soupçon de doré!

terrain_001      terrain_002

Vous comprenez maintenant pourquoi ma muse s'enfuit à toutes jambes au lieu de s'éclater lorsqu'elle entend l'expression Feuilles mortes...

P.S.  Ceux qui ont lu mes billets de l'été seront en mesure de constater que les travaux dans notre rue ne sont toujours pas complétés bien qu'ils aient débuté le 25 juin dernier!

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25 juillet 2007

En parlant d'eau...

La création de la Nymphe d'eau a finalement confirmé un fait que je soupçonnais déjà depuis longtemps.  L'eau m'inspire!  Et quand je dis eau, je ne parle même pas des flots écumants d'une mer turquoise, des magnifiques eaux cristallines des ruisseaux, cascades ou rivières, ni même des profondeurs calmes et mystérieuses des lacs bleus.  Non, je parle simplement de l'eau du bain ou de la douche!  C'est beaucoup moins poétique, mais tout de même efficace.

En fait elle ne m'inspire pas tant au niveau artistique et esthétique qu'au niveau technique.  Lorsque je rencontre des difficultés dans la réalisation d'une pièce, lorsque je n'arrive pas à trouver comment m'y prendre pour obtenir l'effet désiré, lorsque je suis en panne d'idées pour la résolution de problèmes, c'est sous la douche que ça se passe et là, tout devient clair et limpide!

Une copine à qui j'en ai parlé affirme que c'est à peu près la même chose pour elle.  Il suffit qu'elle entre dans son bain et commence à se détendre pour que les idées se mettent à surgir de toutes parts.  Elle peut alors dire adieu à la détente et saute vivement hors de l'eau à pour noter l'inspiration avant qu'elle ne s'envole à nouveau!

Peut-être est-ce l'effet apaisant de l'eau ou encore ses propriétés purificatrices qui nous permettent d'y voir plus clair?  Une autre copine a avancé l'idée que nos pensée créatives et notre intuition se trouvent peut-être exacerbées en présence de l'eau puisque notre corps est constitué à 70% de cette matière?

Intéressant... et vous, qu'en pensez-vous?

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11 avril 2007

Plagiat ou évolution parallèle?

For English, please use this translation tool.  Simply copy the address of this page from your browser, and paste it into the "Translate a web page" box, selecting the French to English option.  Not the best solution, I know, but I can't seem to find the time to translate the article, and besides, you might get a chuckle out of the rendered version!  :-)


Introduction

Quand on crée des objets aussi populaires que des bijoux, il arrive fréquemment, surtout pendant les premières années d'exploration, que l'on découvre des créations tellement semblables aux nôtres que notre première réaction soit de croire au plagiat. Oh misère, quelle horreur! 

C'est évidemment un réflexe bien normal, car le plagiat est une notion qui est malheureusement tout à fait réelle. On entend beaucoup d'histoires à ce sujet et si on entretient des contacts et des relations dans le domaine, on connaît tous au moins une ou deux personnes à qui c'est arrivé. 

Mais est-ce toujours le cas?   Doit-on enfermer toutes nos créations à double tour par crainte d'être copiés?   Est-ce normal que cela se produise plus d'une fois?  Stop! N'allons pas plus loin. Avant de sombrer dans la déprime et de nous ruer chez notre psy favori, essayons de considérer d'abord quelques notions alternatives.


Évolution parallèle

Ce n'est peut-être pas nécessairement du plagiat, mais plutôt deux cheminements semblables tout à fait honnêtes et légitimes. Il existe des notions dans tous les domaines reliés à la création que l'on nomme évolution parallèle et évolution convergente.  Ces termes sont surtout utilisés en biologie, en génétique ou en sociologie, mais ils peuvent aussi être appliqués à d'autres domaines, par extrapolation. Voici un extrait de Wikipédia:

Dans l'étude de l'évolution et de la sélection naturelle, le phénomène d'évolution parallèle se produit quand deux espèces indépendantes développent, en même temps et dans un écosystème identique, des caractéristiques similaires.

L'évolution parallèle est différente de l'évolution convergente. L'évolution convergente explique par exemple comment, dans deux écosystèmes différents et à différentes époques, les mouches et les oiseaux ont développé des ailes.

Lorsqu'ils s'appliquent à la création, ces phénomènes peuvent s'expliquer par les grands courants sociaux du moment qui influencent notre façon de vivre, comme la mode, la politique, l'économie, etc.  Par exemple, si les dernières tendances de la mode sont aux matières recyclées, il sera normal de voir beaucoup de créateurs utiliser de telles matières dans leur production.  On n'a qu'à penser au commerce équitable qui occupe une place de plus en plus grande dans le marché!  De la même façon, si le climat politique international est tendu, il y a fort à parier que cela va se refléter de manière souvent comparable chez les artistes aux quatre coins de la planète. Collier Potpourri en argent sterling et semi-précieusesVous souvenez-vous de la période de grande frivolité qui a suivi la première guerre mondiale, une époque qu'on a judicieusement nommée les années folles?  Tous les créateurs en ont été imprégnés; il fallait exprimer ce besoin de liberté et d'insouciance ressenti après de longues années de tristesse et d'austérité.   

C'est un peu comme pour le modèle ci-contre que j'ai réalisé à la fin de l'été 2005, avec de petites boules tricotées.  Ce modèle a été publié en août 2005 dans un forum (Creative Wire Jewelry), ainsi que dans mon blogue personnel et dans celui d'un projet collectif auquel je participe, en plus d'avoir été publié dans mon site web à ce moment-là. 

Je fais des bijoux crochetés en fil métallique depuis près de cinq ans, et je n'avais jamais vu de colliers avec de telles boules auparavant.  Quelques mois plus tard, j'ai mis la main sur un exemplaire du Step-by-Step Wire Jewelry, édition hiver 2006, pour trouver en page 12 et à mon grand désarroi, un collier monté avec les mêmes boules.  La créatrice de ce collier se nomme Joan Dulla et c'est une artiste accomplie possédant un talent extraordinaire.   Elle n'a donc aucun besoin de trouver ses sources d'inspiration chez d'autres artisans, surtout s'ils sont moins expérimentés qu'elle.  De plus, le contenu de ces revues est déterminé au moins six mois à l'avance, et cet article a probablement été préparé au cours de l'été précédent, ce qui rend tout plagiat impossible, de part et d'autre.  À moins d'avoir souffert d'amnésie aiguë, je sais pertinemment que je n'ai pas copié Mme Dulla puisque c'est la revue qui me l'a fait connaître à l'hiver 2006.  Je n'ai pas mis de photos du travail de Mme Dulla pour des raisons de droit d'auteur, mais vous pourrez voir les pièces en question en visitant son site qui, soit dit en passant, vaut véritablement la peine d'être vu.  Sa sculpture Emily's Fine est infiniment touchante...

Alors, comment en sommes-nous arrivées toutes les deux à faire à peu près la même chose au même moment?  À cause des tendances de la mode, bien sûr! 

On voyait défiler sur les passerelles, pendant cette saison-là, des processions de mannequins portant deCollier Zéphyr matinal en cuivre longs colliers multirangs avec de très grosses billes.  Comme il n'y avait pratiquement que cela dans les défilés et les revues de mode, on a fini par les voir jusque dans notre soupe!  Pas surprenant que la tendance se soit aussi retrouvée chez les artisans.

Mme Dulla tricote ses bijoux (elle dit qu'elle les crochète avec un crochet, mais le point rendu est bien celui du tricot), et je crochète les miens (quoique ces boules-ci aient été tricotées).  À ce qu'on me dit, elle avait commencé à faire ces boules tricotées en 1995,  mais elle les avait un peu mises au rencart jusqu'à récemment. L'ajout de grosses billes en bois, en résine ou en pierres semi-précieuses  à des cordons crochetés aurait probablement donné des résultats douteux. La solution la plus évidente pour moi était de tricoter ou de crocheter de grosses boules et de les intégrer à des assemblages plus traditionnels.  Mme Dulla, quant à elle, a eu l'idée de ressortir ses boules crochetées (ou tricotées selon la perspective...)  Voilà un exemple parfait d'évolution parallèle!   


Évolution convergente

De même, on peut parler d'évolution convergente lorsque des artistes franchissent à peu près les mêmes étapes au même stade de leur développement.  Ils chercheront donc à créer des oeuvres à la hauteur de leur cheminement, produisant ainsi des créations d'une similitude ahurissante, même si un océan et plusieurs décennies les séparent, et qu'ils n'ont jamais entendu parler l'un de l'autre. 

De plus, il y a des designs que l'on peut qualifier de classiques, repris des milliers de fois, à toutes les sauces.  Qui n'a pas commencé à explorer une technique en utilisant des modèles déjà faits, surtout au début?  Et qui, se sentant finalement assez solide, n'a pas décidé un jour de se jeter à l'eau en essayant de faire sa propre création?  Finalement, qui n'a jamais été déçu de constater qu'il en existe beaucoup d'autres semblables?  Déception d'autant plus amère qu'on y a souvent mis de longues heures et investi beaucoup de temps et d'efforts dans la résolution de problèmes.

Ce genre de situation en décourage plus d'un, mais ce sont exactement ces étapes-là du développement qui nous forcent à aller plus loin et à vouloir se dépasser.

J'ai vécu une telle situation récemment, bien que plutôt anodine, avec une autre participante du forum Creative Wire Jewelry.  Un jour, j'ai assemblé des anneaux afin de fabriquer un collier en acier inoxydable pour mon fils de 12 ans. Comme il l'adore et ne le quitte plus, même pour aller au lit, j'ai eu envie de développer une petite ligne de bijoux en cotte de mailles pour adolescents, en intégrant de la couleur sous forme d'anneaux en néoprène dans le maillage. J'ai donc dressé un inventaire de tous les anneaux que j'avais sous la main puis j'ai vérifié quels maillages pouvaient avoir les ratios (Aspect Ratio) qui correspondaients à mes stocks.

Mon choix s'est arrêté sur un modèle oriental 12-en-1, très joli en inox et néoprène bleu (photo de droite).  Sur le moment, jeBracelet en maillage d'inox et néoprène n'ai même pas songé à le publier dans le forum ou ailleurs car il s'agissait pour moi d'un projet de second plan.  Cela dit, cela ne m'a pas traversé l'esprit jusqu'à ce que je voie quelques bracelets, presque identiques, publiés par Kateri selon la même technique, mais inversée (photo de gauche).  Là où j'ai utilisé le métal, elle a mis le néoprène et vice-versa. Le ying et le yang, quoi!

Bracelets par L Kateri Gilbode Diantre!  On a fait pratiquement la même chose en même temps! Elle, pour l'anniversaire de sa nièce, et moi, inspirée par mon fils et les jeunes de son âge.  Bien sûr la cotte de mailles avec néoprène a été produite et interprétée de mille et une façons au fil des ans, mais pour le néophyte, ça peut sembler assez nouveau, voire même innovateur... 

Kateri aurait très bien pu s'écrier que j'avais copité son modèle (expression très prisée dans les forums de discussion européens), mais elle sait bien qu'on n'a rien inventé ni elle, ni moi.  On n'a donc pas à grimper dans les rideaux, puisqu'il n'y a jamais eu de copitage.

Pour qu'on puisse vraiment dire d'une pièce qu'elle a été imitée ou copiée, ce doit être une création originale. Pour s'en assurer, il faut se demander ceci: Suis-je vraiment certain(e) d'avoir bel et bien inventé ce modèle ou y a-t-il une possibilité qu'il en existe déjà au moins un exemplaire semblable quelque part?  Là, je crois qu'on vient de réduire considérablement les probabilités de copitage!

La seule possibilité qui confirme le plagiat hors de tout doute et ce du premier coup d'oeil, c'est lorsque vous trouvez vos propres photos sur un autre site. Dans ce cas-là, c'est à vous de jouer pour les faire retirer.

On peut aussi commencer à s'interroger quand on trouve plusieurs de nos modèles rassemblés parmi les créations d'un autre designer, reproduits presque intégralement, avec seulement quelques variations très mineures. Mais attention!  Même si la source d'inspiration vous apparaît à ce point évidente, il vaut mieux respirer un bon coup et réfléchir un peu avant de déterrer la hache de guerre.

Tout d'abord, est-ce que ces réalisations sont de la même qualité que les vôtres?  Une exécution de qualité inférieure ne peut pas vraiment vous causer de tort, car vos clients verront bien la différence et votre succès se bâtira solidement sur votre bonne réputation.

Les réalisations plus récentes de cette personne ont-elles été personnalisées davantage?  Peut-être que vos créations lui ont servi de modèle à ses débuts, mais que cette personne est maintenant en voie de développer son propre style?  Il vous suffit donc de patienter un peu et ce désagrément sera bientôt derrière vous.

Si votre copiteur ou copiteuse n'arrive pas à produire autre chose que des copies par manque d'inspiration, de créativité ou de talent, la menace est plutôt faible, ne trouvez-vous pas?  Il vous suffit simplement de poursuivre votre démarche et de pousser votre développement artistique pour vous maintenir toujours en avant.  Cela peut même représenter une excellente source de motivation!

Est-ce que votre clientèle est la même?  Si vous évoluez sur deux continents différents, il y a de fortes chances pour que cela n'ait aucune espèce d'incidence sur vos affaires.  Alors pourquoi s'en faire? Comme le dit Bob Marley: Don't worry, be happy!

Êtes-vous en mesure de prouver hors de tout doute que vos créations sont réellement antérieures aux siennes et qu'elles sont suffisamment originales ou innovatrices pour être qualifiées de créations?  Il est possible que se soit un cas d'évolution parallèle ou convergente... même pour vous!

Si vous pensez vraiment être victime de plagiat, et que la personne coupable soit vraiment mal intentionnée,  la première démarche à faire est de documenter toute la situation pour vous constituer un dossier (juste au cas).  Ensuite, comme vous êtes certainement une personne courtoise, vous pouvez envoyer une lettre polie mais ferme, expliquant la situation et lui demander de retirer les pièces offensantes de son blogue, ou de son site web ou de tout autre média.  Au minimum, vous pouvez lui signifier qu'elle pourrait avoir la gentillesse d'indiquer d'où provient sa source d'inspiration si cela vous convient. 

Si ça ne fonctionne pas, il reste toujours la possibilité d'intenter une poursuite légale, mais est-ce que cela en vaudrait vraiment la peine?  Est-ce que les bénéfices seraient supérieurs au frais légaux, surtout si c'est dans un autre pays?  Est-ce que les dédommagements financiers possibles seraient une compensation suffisante pour tous les problèmes qu'une telle action pourrait vous causer?  Et n'oubliez pas que ce genre de poursuite a très peu de chances de réussir, alors pensez-y bien avant d'embarquer dans cette galère!
 

L'effet des thématiques

Les exigences d'un client peuvent parfois réduire considérablement les possibilités de design et mener à des probabilités fort élevées de créativité parallèle. L'allure d'une pièce peut aussi être façonnée par une thématique, comme dans le cas d'un projet spécial par exemple ou encore, pour établir la ligne directrice d'une collection.  Parfois, l'inspiration provient simplement des fournitures que l'on a sous la main. 

Ces limitations ne sont certes pas insurmontables, et il suffit de s'en servir comme tremplin pour créer de vraies petites oeuvres d'art. Cependant, ce n'est pas toujours le cas, et pour être tout à fait honnête, c'est même plutôt rare...  Le nombre de véritables créateurs qui arrivent à nous étonner en sortant régulièrement des sentier battus est vraiment très restreint.  Et parfois, c'est tout simplement le type de projet qui ne justifie pas une activation aussi débridée des neurones.

Voici un exemple de créativité parallèle engendrée à la fois par un projet thématique et par l'utilisation des fournitures disponibles.

Bracelet Quincaillerie en inoxJe fais partie d'un forum de discussion d'expression française axé principalement sur le perlage, mais où on y trouve aussi des fimoteuses, des métalleuses, des verreuses (Ouf! disons des artistes du verre, d'accord?), etc.  Un concours qui durait tout le mois de mars a été annoncé à la fin de février.  Le titre du concours était Délire de Mars et son objectif était de fabriquer un bijou sans utiliser de perles ou de trucs en pâte de polymère. 

J'ai beaucoup d'anneaux en acier inoxydable, alors je me suis dit qu'il serait facile de faire quelque chose avec un look plus industriel, pas trop bijou, d'aspect un peu étrange.  Quoi de mieux que des objets trouvés, que l'on peut dénicher aisément en quincaillerie!  J'ai donc acheté des écrous et des rondelles en acier inoxydable, et j'ai réalisé une petite série de bijoux avant d'arrêter mon choix sur le bracelet à breloques montré à gauche.  Toute fière de moi, il ne me restait plus qu'à poster le tout sur mes deux forums préférés.  L'un pour le concours, l'autre pour le plaisir!Bracelet Home Depot de L Kateri Gilbode

Entretemps, Kateri a posté ce bracelet dans le forum Creative Wire Jewelry (à droite), qu'elle a réalisé à cause d'un surplus de matériel.  Elle n'avait aucune connaissance du concours ni du projet sur lequel je travaillais! Ce bracelet est né simplement parce qu'elle a eu besoin de quelques-unes de ces rondelles corruguées pour des travaux domestiques, mais elle a dû en acheter toute une boîte.  Que faire avec autant de restes?  Un bracelet à breloques, bien sûr!  Elle a donc eu la même idée de modèle à peu près en même temps, mais pour des raisons différentes.

Bon, je me suis dit que ce n'était pas grave; il me restait toujours l'autre forum avec le concours.  J'ai localisé la discussion appropriée pour participer et avant d'y inscrire mon bracelet, j'ai décidé de regarder les autres entrées.  Ah, flûte alors!  Quelqu'un m'avait encore devancée!  Heureusement que j'ai pris la peine de regarder avant d'y publier ma pièce, j'aurais eu l'ai moi-même l'impression d'être une copiteuse.

Bracelet Gas Martien par Corrine GL'image de gauche montre le bracelet que Corinne G. (alias Harmonie) a réalisé dans le cadre de ce concours.  Elle a fait un maillage simple avec des anneaux et elle y a accroché des écrous et des rondelles en guise de breloques.  Pour Corinne comme pour moi, ce sont la thématique et les règles du concours qui ont mené à ces réalisations très semblables, sans toutefois s'être inspirées l'une de l'autre.
 

En conclusion

Quand on voit une pièce qui ressemble étrangement à l'une des nôtres, il faut toujours s'interroger avant de crier au plagiat.  Ce n'est peut-être pas volontaire!  Il peut s'agit d'un cas d'évolution parallèle ou convergente.  Il faut des preuves très solides avant d'accuser quelqu'un d'avoir copié une création.

Et si on a toutes les preuves qu'il ne s'agit vraiment pas d'une coïncidence, est-ce que ça vaut la peine de se compliquer la vie avec une poursuite?  Très rarement!  La meilleure solution reste l'approche civilisée pour tenter de résoudre la situation à l'amiable.

À partir du moment où l'on décide de montrer nos réalisations et de les rendre accessibles au public, que ce soit dans l'Internet, dans des publications écrites, lors d'expositions ou dans des boutiques, il faut s'attendre à ce que quelqu'un essaie de nous imiter, tôt ou tard. C'est la nature humaine!  À nous de faire le nécessaire pour dépasser continuellement nos propres limites et toujours maintenir une longueur d'avance sur la concurrence.

Et si on voyait cela comme un compliment au lieu de s'en formaliser?  Après tout, si des gens se donnent la peine d'essayer de reproduire nos créations, c'est sûrement parce qu'elles sont sublimes, non?

Merci à L Kateri Gilbode (www.funkyjunkdesigns.com), ainsi qu'à Corinne G. pour m'avoir gentiment donné l'autorisation de publier leurs photos dans cet article.  C'est très apprécié!

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27 avril 2005

Ambivalence

Je viens tout juste de recevoir ma lettre concernant ma candidature au Salon des métiers d'art de Brossard, et leur réponse me laisse perplexe. En fait, ce n'est pas vraiment la réponse, mais plutôt ma réaction qui me cause ce sentiment.

Comme c'est bien souvent le cas, les candidats ne peuvent être acceptés que deux ans consécutifs, avant de devoir présenter une nouvelle demande. Je m'explique : la première fois on doit préparer un dossier complet, se présenter au comité de sélection pour une entrevue et attendre patiemment la réponse. Si l'on a été sélectionné la première année, on peut se réinscrire l'année suivante, sans avoir à présenter un nouveau dossier ni « passer » au comité de sélection. De plus, les exposants de deuxième année ont une priorité sur les nouveaux dossiers. La procédure de la troisième année (ce qui est mon cas cette année) est assez semblable à celle de la deuxième année, sauf en ce qui concerne la priorité de sélection. En effet, après les deux premières années, on retourne à la queue des priorités.

C'est ce qui m'arrive présentement. On me dit que le nombre de demandes d'artisans dans mon domaine avec un produit de qualité est assez élevé cette année et que le règlement leur accorde évidemment la priorité. Je n'ai aucun problème avec cela, sauf que ma copine qui en est à sa première demande, a de bonnes chances d'être acceptée avec ses magnifiques créations, mais elle pensait bien que j'y serais aussi ! Enfin, ce n'est pas grave car le fait de le faire toute seule lui procurera certainement une plus grande confiance en elle en bout de ligne, ce qui est très positif. :-)

Quant à moi, je suis à la fois déçue et soulagée. Déçue, car j'aurais bien aimé être là avec Mara pour sa première fois, mais aussi soulagée, car c'est quand même beaucoup de préparation, de travail et de stress. Ma première réaction a été de me dire qu'il fallait que je vérifie si les autres expositions avaient terminé leur appel de candidatures, mais je me suis ravisée tout de suite. J'ai déjà l'Expo-Vente de l'Association des métiers d'art de Boucherville, et le trou laissé dans mon horaire par ma non-participation au Salon de Brossard me permettra enfin d'essayer une nouvelle formule qui me trotte dans la tête depuis un certain temps, soit le « Open-House ». Je n'ai jamais osé en organiser un avant Noël car je suis toujours très occupée à cette période de l'année, alors ce sera le moment idéal ! Je ne sais pas si mon autre copine Caroline a été choisie (elle en est aussi à sa troisième demande à Brossard), mais si elle a du temps libre, elle aimerait peut-être se joindre à moi pour recevoir des invités à la maison et leur montrer nos collection. J'ai entendu beaucoup de bien de cette formule, particulièrement lorsqu'elle est utilisée juste avant les Fêtes... Hum... Plus j'y pense, plus j'ai hâte de m'y mettre !

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03 avril 2005

Trouver son créneau ?

J'ai déjà lu un bout de discussion dans un forum de création de bijoux anglophone ayant pour sujet Have you found your niche? Et cette question ne s'adresse pas à Toutou  ! En réalité, le terme niche en anglais est relié dans ce cas-ci au domaine du marketing et peut se traduire par le mot créneau.

Créneau :

Petit segment de marché d'un produit ou d'un service, qui répond aux attentes d'une certaine clientèle et qui n'est pas encore exploité ou l'est insuffisamment. .

Sous-entrée(s) :
.

synonyme(s)
   niche commerciale n. f.
   créneau n. m.
   créneau commercial n. m.
   créneau de marché n. m.
(Office de la langue française du Québec, http://www.granddictionnaire.com/btml/fra/r_motclef/index800_1.asp)

Alors, pour répondre à cette question... l'ai-je trouvé ce créneau ? Je ne sais pas, peut-être...

Une chose est certaine, lorsque je commence un nouveau design, il se termine presque toujours en quelque chose d'audacieux, pas pour les timides, souvent assez coloré et finalement, plutôt cher. Je m'aperçois que mes créations obtiennent facilement la faveur des femmes professionnelles, entre 25 et 50 ans, particulièrement celles qui possèdent un certain aplomb et une vie sociale active. De plus, on ne peut pas dire que ce domaine précis soit vraiment beaucoup exploité. En tous cas, on ne trouve pas de bijoux crochetés, tricotés, nattés ou tissés à tous les coins de rue, ça c'est certain !  Si c'est cela avoir trouvé son créneau, eh bien je suis probablement chanceuse de l'avoir déniché si rapidement.

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05 septembre 2004

Diantre, que c'est long!

J'ai promis à tous mes clients une version entièrement bilingue et revampée de mon site web pour le printemps dernier. J'Y ARRIVE PAS PANTOUTE ! Grrrrrr !  *soupir*  Scusez-moi, mais ça fait du bien...

L'aspect présentation est réglé depuis belle lurette, ainsi que le contenu connexe, mais je n'arrivais pas à me décider sur la structure de navigation à adopter. Fallait-il mettre des boutons Paypal à chaque pièce ou seulement l'option d'utiliser ce service au moment de l'estimation ? Des fenêtre popups pour les grandes images ou des pages régulières ? Les pièces vendues avec les pièces de la boutique, avec la mention « Vendu/Sold » ou une page à part pour les articles vendus ou en collection personnelle ? À la vitesse avec laquelle j'ai pris cette décision, j'aurais dû songer à prendre l'escargot plutôt que le caméléon comme logo...

Quoi qu'il en soit, c'est réglé. Le site est loin d'être prêt, mais au moins, le travail avance à un bon rythme. Je n'ai pas encore eu de syndrôme de la page blanche pour la création de bijoux, mais il faut croire que j'ai été frappée durement pour la conception de sites web...  et ça confirme qu'il faut toujours persévérer !

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17 avril 2004

J'ai le trac !

Hourra ! J'ai enfin reçu les apprêts nécessaires à la création de mes premiers bijoux en fil doublé d'or 14k ! Depuis le temps que j'attendais ce moment.

Y a juste un hic... J'ai le trac. Et si je me trompais et que je devais gaspiller cette matière si dispendieuse ? Le cuivre ou le laiton, c'est pas grave ; on coupe les fils, on récupère les petites boules et on recommence, mais là c'est une autre histoire !

Alors je contemple l'éclat du fil enroulé sur lui-même et j'essaie de me convaincre qu'il ne s'agit pas d'un serpent d'or lové sur ma table, mais bien d'un outil de travail et qu'il ne me mordra pas, bien au contraire !

Je vais faire de moi une femme et prendre une grande respiration pour calmer les battements de mon coeur, puis je vais tendre la main vers ce nouveau matériau qui symbolise un peu la nouvelle direction que j'entends adopter. Je vais ensuite laisser ma muse faire son travail d'inspiration et je vais passer en mode création.

On verra bien ce que ça va donner...

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25 mars 2004

Allons donc, un peu de discipline !

OK là, ça va faire !

Je prépare et j'envoie des listes de fournisseurs à une nouvelle artisane, je traduis et j'envoie un formulaire de commande de ma conception à une autre, je fais des démarches auprès de mon fournisseur internet pour accélérer la mise en place de l'hébergement d'une copine que j'ai référée, j'écris un message après l'autre dans des forums pour répondre à des questions, et qu'est-ce que je fais pour moi-même ? Pas grand chose sauf me mêler des affaires des autres et presque pas des miennes !

Il faudrait vraiment que je commence à appliquer le vieux dicton qui dit que « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Est-ce que ce serait un réflexe maternel mal placé que de toujours vouloir aider ceux qui éprouvent des difficultés, au détriment de mes propres affaires ?

Je vais me prendre en mains et retourner à ma table de travail, illico ! Désolée, je viens tout juste de suspendre l'affiche « Ne pas déranger, ma muse se concentre » à la porte de mon atelier...

En parlant de ma muse...

J'ai oublié de vous dire que ma muse a eu une fichue de bonne idée le vendredi  13 février dernier, lorsqu'elle a fait surgir en moi l'idée de contacter Jean Airoldi, designer et chroniqueur de mode pour les Saisons de Clodine à TVA. Jean Airoldi avait déjà fait une chronique « Made in Québec » en novembre 2003 qui mettait en valeur des designers québécois provenant de tous les domaines de la création reliés à la mode (vêtements, bijoux, accessoires, etc.). 

À ma grande surprise, l'assistante de M. Airoldi m'a téléphoné le lundi suivant pour me dire qu'une chronique du même genre était prévue très prochainement et qu'ils étaient intéressés à parler de mes créations. WOW ! Après avoir fait une gigue ou deux pour exprimer ma joie, j'ai préparé tout ce qu'il fallait et fait parvenir le tout à la boutique de Jean Airoldi, rue St-Denis à Montréal.

Vous pouvez être certains que le matin du 15 mars dernier, j'étais déjà rivée au petit écran, une cassette VHS dans le magnétoscope, un café à la main et le coeur qui battait la chamade au moins 30 minutes avant le début de l'émission. Je n'ai pas été déçue de cette chronique, croyez-moi !

Sept designers en tout ont été présentés comme étant de nouvelles griffes et des designers de la relève (quel honneur !). Jean Airoldi a même retiré sa botte en pleine émission pour montrer un pied nu au bout d'une jambe très velue, orné d'une de mes sandales-bijoux sans semelles ! Je n'oublierai jamais cette scène, fort peu séduisante, mais tout à fait hilarante. Bref, Un bijou de Caméléon a obtenu une très belle couverture et j'ai trouvé l'expérience extrêmement motivante.

Posté par creationcameleon à 05:39 - Réflexions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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